Le formulaire 2041-AS : l'attestation qui évite l'impôt à la source
À quoi sert l'attestation de résidence fiscale des frontaliers franco-suisses, qui est concerné, à qui la remettre et à quelle échéance chaque année.
Un accord de 1983 permet à certains frontaliers d'être imposés uniquement dans leur pays de résidence. Encore faut-il travailler dans l'un des huit cantons concernés.
En bref
L'accord du 11 avril 1983 entre la France et la Suisse prévoit que les salaires des travailleurs frontaliers ne sont imposables que dans l'État de résidence. Si vous habitez en France et travaillez dans l'un des huit cantons couverts, votre salaire suisse est imposé en France, et non à la source en Suisse. En contrepartie, l'État de résidence verse à l'autre État une compensation financière de 4,5 % de la masse des rémunérations brutes — une affaire entre États, jamais un prélèvement sur votre paie.
Le préambule de l'accord précise que le Conseil fédéral suisse agit « au nom des cantons de Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel et Jura ». Cette liste est fermée.
L'article 3 de l'accord définit le travailleur frontalier comme toute personne résidente d'un État qui exerce une activité salariée dans l'autre État, chez un employeur établi dans cet autre État, et qui retourne, en règle générale, chaque jour dans l'État dont elle est résidente.
Trois conditions cumulatives, donc : la résidence en France, un employeur établi en Suisse dans l'un des huit cantons, et le retour quotidien au domicile.
La formule « en règle générale, chaque jour » a été chiffrée par l'administration fiscale française : pour un emploi à temps plein, le nombre de nuits passées en Suisse ne doit pas dépasser 45 nuits par an, soit environ une par semaine travaillée. Ce plafond est réduit proportionnellement pour un temps partiel ou un emploi saisonnier.
Le régime ne s'applique pas automatiquement du seul fait que vous remplissez les conditions. Vous devez remettre à votre employeur suisse une attestation de résidence fiscale visée par l'administration française, le formulaire 2041-AS. Sans elle, l'employeur applique l'impôt à la source suisse — et vous vous retrouvez à devoir régulariser.
L'accord porte sur l'imposition des salaires, et rien d'autre. Il ne détermine ni votre affiliation à la sécurité sociale, ni votre assurance maladie, ni vos droits au chômage. Ces questions relèvent de textes différents : ne déduisez jamais votre régime social de votre régime fiscal.
Le télétravail, en revanche, interagit avec l'accord : un accord amiable en précise les limites. Là encore, les seuils fiscaux et sociaux ne se confondent pas — voir notre page télétravail du frontalier.
Non. Le préambule de l'accord énumère huit cantons, et Genève n'y figure pas. Un frontalier travaillant à Genève relève de l'impôt à la source suisse : voir notre guide fiscal de Genève.
Elle est versée d'État à État, par l'État de résidence au profit de l'État où se trouve l'employeur. Elle n'est jamais prélevée sur votre salaire et n'apparaît pas sur votre fiche de paie.
Vous ne remplissez plus la condition de retour régulier au domicile. Votre rémunération devient imposable en Suisse, à la source. Le décompte s'apprécie sur l'année civile et il est prudent de conserver de quoi justifier vos nuitées.
Consultée le 14 août 2026
Consultée le 14 août 2026
À quoi sert l'attestation de résidence fiscale des frontaliers franco-suisses, qui est concerné, à qui la remettre et à quelle échéance chaque année.
Résident fiscal français, vous déclarez vos revenus mondiaux. Ce qui change selon votre canton, et le mécanisme qui évite la double imposition.
Genève n'applique pas l'accord de 1983 : votre salaire est imposé à la source en Suisse, et vous devez malgré tout le déclarer en France.
Deux régimes à ne jamais confondre : la fiscalité d'un côté, la sécurité sociale de l'autre. Seuils, dates d'application et conditions de chacun.